Le bonheur est bien dans le pré!

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Le bonheur est bien dans le pré!

21 octobre 2018 Divers 0

Le bonheur est bien dans le pré :
quand le paysage influe sur le bien-être
Par AFP, publié le 09/09/2018
Le paysage, plus particulièrement rural, est l’un des éléments constitutifs du bonheur, affirment des chercheurs.

Clermont-Ferrand –
La nature plutôt que le macadam pour être heureux ? Le paysage, plus
particulièrement rural, est l’un des éléments constitutifs du bonheur,
affirment des chercheurs.
« Le paysage n’est pas seulement le papier peint ou l’affiche qui décorent un salon ou une
chambre à coucher. Sa matérialité, comme sa perception, peuvent avoir une influence directe
sur notre qualité de vie et contribuent en cela au bien-être et au bonheur », assure le géographe
et agronome Yves Michelin.
Quelque 150 géographes, sociologues, historiens, économistes, paysagistes, urbanistes et
agronomes, venus de plus de 20 pays, ont débattu la semaine dernière à Clermont-Ferrand
puis à Mende, de l’interaction entre qualité de vie et qualité des paysages, lors la 28e
conférence du réseau PECSRL (Permanent European Conference for the Study of the Rural
Landscape).
Car s’il est largement admis qu’un paysage à l’environnement sain, protégé des pollutions, a
des effets positifs sur la santé et le bien-être physique des populations, la recherche va
aujourd’hui sensiblement plus loin.
« De récentes études en sciences cognitives ont démontré que, si le paysage est agressé, cela
vous affecte directement. On souffre quand celui-ci est attaqué. A l’inverse, quand le paysage
de nature est en bon état et accessible, les gens se sentent bien psychologiquement », abonde
ce professeur de VetAgro Sup, qui coordonnait la conférence.
Dans un monde globalisé, où l’espace se rétrécit, le paysage devient un « repère » et un facteur
d' »enracinement ».
« Il n’a pas besoin forcément d’être grandiose ou pittoresque. A partir du moment où on le
reconnaît, il devient un objet d’identité. Le fait de se sentir chez soi, d’+être de quelque part+,
de faire partie prenante d’un territoire contribue au bien-être, contrairement au déracinement qui
lui est dévastateur », poursuit M. Michelin.
Et de citer le sociologue et philosophe allemand Hartmut Rosa, connu pour ses récentes
théories sur « l’accélération du temps », pour qui la solution serait de nouer un meilleur rapport au
monde extérieur, en entrant notamment en « résonance » avec les éléments naturels.
– Jardin thérapeutique –
La nature, un médicament ? Plus qu’une énième théorie en vogue sur le développement
personnel, des travaux interdisplinaires entre médecins, architectes et paysagistes l’ont
scientifiquement prouvé.
En Ecosse, des chercheurs ont interrogé des septuagénaires sur leur cadre de vie et paysages
fréquentés depuis leur enfance dans les années 30. Témoignages qu’ils ont croisés avec des
cartes et données sanitaires et socio-économiques provenant des archives d’Edimbourg et de
sa région.
« Nous en avons conclu que la fréquentation des parcs publics pendant l’enfance et à l’âge
adulte peut ralentir le déclin cognitif des personnes âgées. Cette découverte était encore plus
marquée pour les femmes et personnes issues de milieux défavorisés », résume l’architecte du
paysage Catharine Ward Thompson.
Même constat pour la dépression et l’anxiété. « L’accès à des espaces verts peut permettre de
réduire les inégalités sociales en terme de santé », assène cette directrice du centre de
recherche OPENspace.
En Suède, on pratique aussi « la thérapie du paysage » pour soigner les pathologies liées au
stress (burn-out) et les suites d’AVC. Depuis 2002, des patients sont accueillis dans un « jardin
de réadaptation » de 2.300 m2 au sein du campus universitaire d’Alnarp, près de Malmö, conçu
par une équipe interdisciplinaire de paysagistes, psychologues et physiothérapeutes.
La thérapie est progressive. Le premier jour, le patient sera amené à observer le vent dans les
arbres, à prendre conscience des bruits de la nature, le lendemain à préparer du thé avec des
feuilles puis à faire des travaux de jardinage ou aller en forêt », détaille la chercheuse Helena
Mellqvist.
Le tout remboursé par la Sécurité sociale du pays.
« S’il y a un message à retenir, c’est que plus on est attentif au paysage, plus on est attentif aux
autres et mieux tout le monde se porte finalement », sourit encore Yves Michelin, pour qui le
bonheur est bien… dans le pré.